Il est des silences qui pèsent plus lourd que des cris. Le silence qui entoure aujourd’hui l’économie politique en fait partie. Jadis discipline reine, elle interrogeait les fondements de la richesse, les rapports de pouvoir et les conditions de l’émancipation humaine. Aujourd’hui, elle a été marginalisée, remplacée par une économie aseptisée qui se dit neutre et scientifique. Ce silence n’est pas un accident, mais le résultat d’un long processus historique, idéologique et méthodologique. Pourtant, dans ce même silence, germe la possibilité d’une renaissance : celle d’une économie politique refondée, capable d’accompagner l’humanité dans sa quête de justice et de liberté.
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L’économie politique fut, à son origine, une discipline vivante, enracinée dans la philosophie morale et dans le souci des peuples. Elle ne séparait pas la production des richesses de leur répartition, ni les lois de l’échange des questions de justice.
Pourtant, au tournant du XIXe et du XXe siècle, cette discipline a été réduite au silence, remplacée par une « science économique » abstraite, mathématisée et coupée du politique. Ce passage de l’économie politique à l’économie « pure » a constitué une rupture, un fil tranché. Pourtant, de multiples courants n’ont cessé de tenter de réintroduire l’humain, la société et l’histoire au cœur de l’analyse économique.
Aujourd’hui, la Natiométrie offre l’occasion de renouer ce fil, en redonnant à l’économie politique ses lettres de noblesse et en lui permettant de jouer un rôle central dans l’émancipation des sociétés.