Le GISNT annonce l’aboutissement d’un programme de recherche consacré à la mesure et à la modélisation du phénomène Nation.

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Sommes-nous capables de construire les instruments qui nous permettront de mieux comprendre l’infiniment complexe de l’humain collectif ? Le GISNT entend consacrer ses recherches à cette frontière.

 

COMMUNIQUÉ.

Le GISNT annonce l’aboutissement d’un programme de recherche consacré à la mesure et à la modélisation du phénomène Nation

Vers une nouvelle discipline transversale : la Natiométrie

Groupement d’Intérêt Scientifique pour une Nation Technologique — GISNT

ALGER 2024

 

Une nouvelle étape dans l’étude scientifique des sociétés humaines

Le Groupement d’Intérêt Scientifique pour une Nation Technologique (GISNT) annonce une nouvelle étape de son programme de recherche consacré à l’étude, à la modélisation et à la mesure du phénomène Nation.

Ce programme a conduit à la formalisation progressive d’un cadre scientifique aujourd’hui désigné sous le terme de Natiométrie, ainsi qu’à la conception d’un dispositif de modélisation et de diagnostic appelé Natiomètre.

La Natiométrie se définit comme un programme scientifique interdisciplinaire visant à développer des méthodes, modèles, indicateurs et instruments permettant de représenter, mesurer et analyser les dynamiques des nations considérées comme des systèmes complexes évolutifs.

Elle se situe à l’intersection des mathématiques appliquées, de la modélisation des systèmes complexes, de l’informatique, de l’intelligence artificielle et des sciences humaines et sociales.

Son ambition est considérable : contribuer à la construction d’un langage commun permettant de croiser et de mettre en relation des dimensions du phénomène national habituellement étudiées séparément.

 

I. Le problème scientifique

Les sociétés humaines constituent des systèmes d’une exceptionnelle complexité.

Une nation peut simultanément être étudiée comme un ensemble politique, économique, démographique, culturel, historique, territorial, institutionnel et technologique.

Or ces dimensions sont généralement étudiées par des disciplines différentes, au moyen de concepts, de méthodes et de systèmes de mesure qui ne sont pas nécessairement directement compatibles.

Cette fragmentation produit une connaissance nécessairement partielle du phénomène.

L’ambition du GISNT est donc de poser une question méthodologique fondamentale :

 

Est-il possible de construire un cadre de représentation permettant de mettre en relation, sans les confondre, les différentes dimensions constitutives d’une Nation ?

 

La Natiométrie constitue une tentative de réponse à cette question.

Elle ne prétend pas remplacer l’histoire, la sociologie, l’économie, la science politique, la démographie ou l’anthropologie.

Elle cherche au contraire à créer un espace de dialogue quantitatif entre ces disciplines.

 

II. De la mesure des phénomènes à la mesure des systèmes complexes

L’histoire des sciences montre que le développement de nouveaux instruments de mesure a souvent profondément transformé la connaissance.

Le télescope a permis d'élargir considérablement l'observation astronomique.

Le microscope a rendu accessibles des structures auparavant invisibles.

Dans chaque cas, l’instrument n’a pas remplacé la théorie : il a contribué à rendre de nouveaux phénomènes observables, comparables et quantifiables.

Le GISNT explore une démarche analogue dans le domaine des systèmes humains complexes.

Il ne s’agit évidemment pas d’assimiler une nation à un objet physique ou biologique.

Il s’agit de rechercher les conditions permettant de construire une représentation mesurable d’un système humain multidimensionnel, tout en respectant la spécificité de son objet.

C’est dans cette perspective que le GISNT a développé le concept d’« infiniment horizontal », expression désignant, dans notre programme de recherche, l’immense domaine des interactions humaines, sociales, historiques et civilisationnelles.

 

III. La naissance de la Natiométrie

Les travaux engagés par l’équipe de recherche du GISNT ont progressivement conduit à considérer le phénomène Nation comme un système complexe évolutif.

Dans ce cadre, une Nation peut être décrite à travers un ensemble de variables et de relations évoluant dans le temps.

L’objectif consiste alors à construire un espace de représentation, ou espace de phases, dans lequel différentes dimensions du phénomène peuvent être positionnées, comparées et étudiées dans leur évolution.

Cette démarche a donné naissance à la Natiométrie.

Le terme désigne à la fois :

  • un programme de recherche ;

  • un ensemble de méthodes de mesure et de modélisation ;

  • un cadre interdisciplinaire ;

  • et, à terme, un corpus méthodologique susceptible de constituer une nouvelle discipline scientifique.

La Natiométrie demeure ainsi une discipline en construction, dont les modèles doivent être progressivement confrontés aux données historiques, contemporaines et expérimentales.

 

IV. Le Natiomètre

Dans le prolongement de ces travaux, le GISNT a conçu le Natiomètre, dispositif conceptuel, mathématique et algorithmique destiné à mettre en œuvre les principes de la Natiométrie.

L’invention a fait l’objet d’une démarche de protection auprès de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, notamment à travers la demande internationale PCT/IB2019/000707.

Le Natiomètre est conçu comme une architecture permettant :

d'acquérir → structurer → croiser → modéliser → analyser → visualiser

des données relatives aux différentes dimensions d’un système national.

Son objectif n’est pas de produire une « vérité » automatique sur une Nation.

Il est de fournir un cadre de mesure et d’aide à l’analyse, permettant de rendre certaines dynamiques complexes davantage comparables et observables.

 

V. L’espace de phases du phénomène Nation

L’une des contributions centrales du programme du GISNT réside dans la construction d’un espace de phases du phénomène Nation.

Cet espace constitue un référentiel mathématique destiné à représenter les différentes dimensions du système national et leurs interactions.

Dans les développements actuels de la Natiométrie, cet espace est organisé autour de plusieurs variables conjuguées, permettant d'étudier des polarités et des relations structurelles au sein du système.

Cette architecture constitue une hypothèse de modélisation.

Elle devra être progressivement confrontée aux données disponibles afin d’en déterminer :

  • la robustesse ;

  • la pertinence statistique ;

  • la stabilité ;

  • les limites ;

  • et les éventuelles capacités prédictives.

Cette exigence de confrontation empirique constitue un principe fondamental du programme scientifique du GISNT.

 

VI. Vers une formalisation mathématique de l’évolution des Nations

Les travaux du GISNT ont également conduit à proposer une loi mathématique de l’évolution des Nations, destinée à représenter leur dynamique dans le temps.

Cette formulation s’inspire notamment de la théorie des systèmes dynamiques, de la physique des systèmes oscillants et de certains outils mathématiques utilisés pour représenter des phénomènes complexes.

Elle repose sur l’idée qu’une Nation peut être étudiée comme un système dont l’état évolue sous l’effet combiné :

  • de ses caractéristiques internes ;

  • de son histoire ;

  • de son environnement ;

  • des interactions entre ses différentes composantes ;

  • et des perturbations auxquelles elle est soumise.

Dans ce cadre, les formulations mathématiques proposées par la Natiométrie ne sont pas présentées comme des équivalents directs des lois de la physique.

Elles constituent des modèles scientifiques destinés à être testés, améliorés et éventuellement falsifiés par la confrontation aux données.

C’est cette démarche qui doit permettre de déterminer progressivement leur domaine de validité.

 

VII. Une architecture interdisciplinaire

La Natiométrie repose sur la conviction qu’aucune discipline ne peut, à elle seule, épuiser la complexité du phénomène national.

Le programme mobilise ainsi plusieurs domaines :

Mathématiques
pour la formalisation, la modélisation et l’analyse des structures dynamiques.

Physique théorique
pour certains concepts de systèmes dynamiques, d’espaces de phases, de symétries et de formalisation.

Biologie
pour l’étude comparative des propriétés d’organisation, d’adaptation et de régulation des systèmes vivants.

Sciences humaines et sociales
pour la définition ontologique du phénomène Nation et l’interprétation des variables historiques, sociales, culturelles et politiques.

Informatique et intelligence artificielle
pour l’acquisition, la structuration, le traitement et la visualisation de grandes masses de données.

La Natiométrie ne cherche donc pas à « physiquer » les sciences humaines et sociales.

Elle cherche à construire un langage mathématique commun permettant d'articuler leurs observations sans effacer leur diversité méthodologique.

 

VIII. Le rôle de l’intelligence artificielle

L’évolution contemporaine des technologies numériques ouvre de nouvelles possibilités pour cette recherche.

L’intelligence artificielle permet notamment d’envisager le traitement simultané de données quantitatives et qualitatives : statistiques, séries temporelles, textes, discours, indicateurs institutionnels, données économiques, données territoriales ou encore informations historiques.

Dans le cadre du Natiomètre, ces technologies peuvent contribuer à :

  • l’extraction de variables ;

  • la classification ;

  • l’analyse temporelle ;

  • la détection de corrélations ;

  • la modélisation de scénarios ;

  • la visualisation des dynamiques ;

  • et l’identification de signaux faibles.

L’IA constitue ainsi un instrument d’analyse, et non un substitut au raisonnement scientifique.

 

IX. Une démarche expérimentale et falsifiable

Le GISNT considère que la crédibilité de la Natiométrie dépendra de sa capacité à soumettre ses modèles à une évaluation indépendante.

Le programme de recherche prévoit donc progressivement :

  1. la constitution de bases de données historiques et contemporaines ;

  2. la définition précise des variables et de leurs unités de mesure ;

  3. la formalisation des méthodes de calcul ;

  4. le développement de séries temporelles comparables ;

  5. la réalisation de tests statistiques ;

  6. la confrontation des modèles à des cas historiques ;

  7. l’évaluation de leurs performances prédictives ;

  8. la comparaison avec les méthodes existantes ;

  9. la publication des résultats ;

  10. et, lorsque cela sera possible, leur reproduction indépendante.

Cette démarche est essentielle.

Une hypothèse scientifique ne tire pas sa valeur de son caractère spectaculaire, mais de sa capacité à résister à la confrontation avec les faits.

 

X. Une nouvelle frontière pour les sciences des systèmes complexes

L’objectif ultime du programme n’est pas de réduire la Nation à une équation.

Il est de déterminer jusqu’où la formalisation scientifique peut permettre de comprendre les transformations d’un système humain complexe.

La question posée par la Natiométrie est donc plus large :

 

Existe-t-il des structures, des invariants ou des régularités permettant de mieux comprendre l’évolution des grandes formations humaines dans le temps ?

 

Si certaines régularités peuvent être établies, elles pourraient contribuer à rapprocher des domaines aujourd’hui fortement cloisonnés : histoire, économie, démographie, géopolitique, sociologie, culture, technologie et gouvernance.

La Natiométrie se présente ainsi comme une hypothèse de travail pour une science intégrée des dynamiques civilisationnelles.

 

XI. Une ambition au service de la connaissance

Le GISNT entend inscrire cette démarche dans une tradition scientifique fondée sur une conviction simple :

mieux mesurer ne signifie pas nécessairement mieux gouverner ; mais mieux comprendre les systèmes complexes peut contribuer à prendre de meilleures décisions.

Le Natiomètre n’a donc pas vocation à décider à la place des citoyens, des institutions ou des gouvernements.

Il vise à fournir des outils de connaissance, de comparaison, de diagnostic et de prospective susceptibles d’éclairer leurs décisions.

La connaissance scientifique ne doit pas se substituer à la souveraineté politique.

Elle peut cependant contribuer à la rendre mieux informée.

 

XII. Une vision de long terme

Le GISNT considère la Natiométrie comme le commencement d’un programme scientifique de long terme.

La première étape consiste à établir les fondements théoriques et mathématiques.

La deuxième consiste à construire les instruments et les infrastructures de données.

La troisième consiste à confronter les modèles aux réalités historiques et contemporaines.

La quatrième consistera, si les résultats le permettent, à établir des standards internationaux de mesure et de comparaison.

Cette progression devra rester ouverte à la critique, à la révision et à la découverte.

Car une discipline scientifique ne naît pas simplement d’une déclaration.

Elle naît lorsque des hypothèses deviennent des modèles, lorsque les modèles rencontrent les données, lorsque les résultats peuvent être discutés, reproduits et améliorés.

C’est dans cet esprit que le GISNT entend poursuivre le développement de la Natiométrie.

 

Conclusion

Vers une science de la dynamique des Nations

Avec la Natiométrie et le Natiomètre, le GISNT propose d’explorer un territoire scientifique encore largement ouvert : celui de la mesure et de la modélisation des dynamiques des systèmes nationaux et civilisationnels.

Il ne s’agit pas d’affirmer que l’histoire obéit à une mécanique simple, ni de réduire les sociétés humaines à des variables.

Il s’agit de poser une question fondamentale :

 

La complexité des Nations peut-elle être suffisamment structurée pour devenir un objet de mesure, de modélisation et d’expérimentation scientifique ?

 

C’est à cette question que plusieurs années de recherche du GISNT cherchent à apporter des éléments de réponse.

Le Natiomètre constitue aujourd’hui une première architecture pour cette ambition.

La Natiométrie en constitue le programme scientifique.

Et le travail qui reste à accomplir est considérable.

Notre objectif n’est pas de proclamer que nous avons achevé cette science.
Notre objectif est de contribuer à la faire naître.

Car après avoir appris à mesurer l’infiniment petit et l’infiniment grand, l’humanité peut désormais se poser une nouvelle question :

 

Sommes-nous capables de construire les instruments qui nous permettront de mieux comprendre l’infiniment complexe de l’humain collectif ?

 

Le GISNT entend consacrer ses recherches à cette frontière.

 

Groupement d’Intérêt Scientifique pour une Nation Technologique — GISNT

Programme de recherche : Natiométrie
Instrument de recherche : Natiomètre

Amirouche LAMRANI & Ania BENADJAOUD
Chercheurs associés au GISNT

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